
Démarche - Arts visuels
Mon travail tourne toujours de près ou de loin autour de l’être humain. Dans une sorte de quête inatteignable pour le, pour nous, comprendre enfin. Pour chercher à décortiquer, à mieux saisir l’humanité tout en restant à distance. Comme un scientifique observe minutieusement un sujet et dessine chaque détail pour mieux le cerner.
Néanmoins, cette façon d’aborder l’être humain se décline en plusieurs thématiques récurrentes. Le plus récurrent, le plus actuel, est le corps humain, en particulier le visage. Des visages plutôt que des portraits, car dépourvus d’identité individuelle, anonyme et universelle à la fois. Inlassablement des visages, agissants souvent comme une métaphore. Métaphore des relations sociales, de nos inter-influences, de la condition humaine, de la vacuité de l'existence. Des images qui fonctionnent comme une foule, une dualité de l’être, une émotion, une pluralité d’émotions, un état d’être.
L’équilibre aussi comme élément récurrent. L’équilibre dans le chaos du quotidien, l’équilibre précaire de nos vies. Garder les pieds à terre, ne pas s’effondrer sous le poids des choses.
L’équilibre également comme élément formel. Un équilibre de la surcharge et du vide, un équilibre entre les formes, entre les matières. La ligne aussi omniprésente, sinueuse, vibrante, vivante. Par endroit, tellement foisonnante, entremêlée que confondante. Des formes distinctes deviennent peu à peu floues, mélangées, hybrides, apportant de nouvelles formes. Toujours quelque chose à découvrir dans un chaos organisé. Lorsque ce n’est pas la ligne qui tranquillement confond les formes, c’est l’amas de matière, trop accumulée, visiblement informe qui soudainement cède sa place à quelque chose de reconnaissable. Toujours un jeu de cache-cache avec l’oeil. Exercer l’observation, aiguiser la rétine.
Une accumulation dans les formes comme dans les matériaux. Impossible de me contenter d’un matériau unique. Que cela soit dans l’excès d’un collage aux matières plurielles et hétéroclites ou au plus simple, au plus épuré dont je sois capable, un équilibre 2 médiums, comme le dessin et peinture.